Dimanche 20 Août 2017
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L'économie numérique ne pourra exister, sans un écosystème logiciel fort

Comment l'Europe peut-elle devenir une nouvelle puissance mondiale en matière de logiciels et de services informatiques ? PAC et le CXP se sont penchés sur la question et voici le résultat de leurs analyses.

Cette étude intitulée « L'impact socio-économique des logiciels et services sur la compétitivité et l'innovation (SMART 2015/0015) » identifie l'impact socio-économique actuel et à venir des logiciels européens et du secteur des services liés aux logiciels, mais aussi les facteurs favorisant sa croissance et sa compétitivité. Elle évalue également le futur impact sur le marché et les éventuelles transformations du marché causées par les technologies émergentes liées à Internet et aux données. 

Le secteur des logiciels et des services basés sur les logiciels compte parmi les branches les plus dynamiques en Europe. Les logiciels étant un prérequis majeur en matière d'innovation à l'ère numérique, ils impactent les modèles économiques des entreprises de tous les secteurs et deviendront un élément clé pour assurer à l'avenir la compétitivité de l'Europe. Le numérique est l'avenir de nos économies, mais l'économie numérique ne pourra exister sans un écosystème logiciel fort. En 2009, le marché des logiciels et des services basés sur les logiciels (SSBS) de l’Europe des 28 représentait dans son ensemble un chiffre d’affaires de 229 milliards d’euros. Il a ensuite enregistré une croissance annuelle moyenne de 1,5 % jusqu’en 2015. Selon les estimations, cette croissance devrait s’établir à 2,9 % entre 2015 et 2020. Le marché SSBS atteindra donc une valeur de près de 290 milliards d’euros d’ici 2020. L'étude souligne toutefois que les taux de croissance, et donc l'adéquation avec le secteur, diffèrent largement entre les différents sous-segments SSBS.

Des logiciels basés dans le cloud
Les segments liés aux logiciels, tels que les plateformes et les logiciels d’infrastructure ou encore les logiciels d’application par exemple, ne progresseront que très légèrement. Ceux-ci ont en effet déjà atteint un degré de maturité élevé dans divers pays européens. Qui plus est, dans la mesure où les entreprises sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers des solutions basées dans le cloud, les marchés des logiciels doivent désormais résister à une pression grandissante. La part de marché du cloud computing augmentera de manière considérable d’ici 2020 (aux alentours de 18 % du marché SSBS).

Tendances clés qui façonneront le futur marché de l'IT
Nombreuses sont les tendances technologiques qui pourraient avoir un impact majeur sur le développement du marché SSBS au cours des années à venir et qui pourraient véritablement booster sa croissance. La transformation numérique, le big data et la collaboration entre le développement et les opérations IT (DevOps) en font partie. Avec les moteurs qui sont la mobilité, la collaboration sociale, le cloud computing, la cyber sécurité et l'Internet des Objets (IoT), ces domaines représentent des segments de marché très dynamiques avec de nouveaux acteurs innovants qui concurrencent les fournisseurs traditionnels. «

5 recommandations pour la Commission européenne
Le rapport suggère des recommandations politiques pour éliminer les obstacles et favoriser le développement du secteur des logiciels et des services IT européens : 

1. Améliorer les e-compétences en Europe
En plus des initiatives déjà prises par l'UE, le consortium recommande de mettre en place une plateforme en ligne afin de permettre à l’offre et la demande d’experts de l’IT de se rencontrer à l’échelle transeuropéenne. Cette mesure offrirait aux spécialistes de l’IT qui ne parviennent pas à trouver un emploi dans leur pays la possibilité de travailler pour des entreprises IT situées dans d’autres pays européens, et ce, de manière permanente ou dans le cadre de projets à court terme.

2. Encourager l’adoption de l’ICT dans tous les secteurs et établir un marché pour la représentation numérique en Europe
Le terme « représentation numérique » signifie que tous les objets tangibles et toutes les personnes possèdent des doubles numériques. La combinaison innovante de l’IoT, des applications big data, de l’intelligence artificielle et de la numérisation en général peut devenir une force résolument européenne. La politique européenne devrait dès lors se concentrer sur la stimulation de l’innovation dans le domaine de la représentation numérique, et ce, au sein de tous les secteurs d’application.

3. Encourager l’utilisation des logiciels en open source dans tous les secteurs de l’économie et au sein de l’administration publique
Le consortium recommande aux responsables des politiques européennes de concentrer leurs efforts sur des activités qui renforcent la base de connaissances liée aux logiciels en open source et l’échange des meilleures pratiques entre les organismes publics et privés. Les logiciels en open source peuvent devenir un atout précieux pour le secteur européen des logiciels et des services Internet.

4. Améliorer la confiance envers le cloud computing et les infrastructures IT, la confidentialité et la sécurité
À une époque où les entreprises sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers les solutions cloud et où les PME tentent de numériser leurs processus, la sécurité des services cloud et la confiance des utilisateurs jouent un rôle d’une importance grandissante. Le consortium conseille à la Commission européenne de poursuivre les activités qu’elle a déjà lancées dans ce domaine. Les auteurs sont convaincus que des approches différentes et ciblées sont nécessaires afin de bâtir la confiance et d’améliorer la sécurité informatique dans les divers domaines d’activités et au niveau des infrastructures.

5. Augmenter les dépenses publiques en R&D dans le domaine de l’ICT
Les projets d’ingénierie liés à l’IT sont de toute évidence sous-représentés dans le programme-cadre pour le financement de la recherche en Europe. Quant aux quelques programmes qui soutiennent la recherche en ingénierie, comme le programme ICT-LEIT (Leadership in Enabling and Industrial Technologies – Primauté dans le domaine des technologies génériques et industrielles) et le programme FET (Future Emerging Technologies - Futures technologies émergentes), le nombre de candidats est si élevé qu’il décourage les entreprises d’introduire une demande pour leur projet. Si elle entend préserver la compétitivité du secteur européen des logiciels, la Commission européenne devrait dès lors augmenter considérablement le montant des financements en faveur de la recherche IT, en particulier lorsqu’elle concerne les technologies nouvelles et émergentes liées à l’IT.
 

Publié le lundi 10 avril 2017
SQ 250-300
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